Un mardi après-midi de février 2026, une femme de 28 ans s'installe dans le salon de thé d'une boulangerie de Saint-Gall, en Suisse, sans rien commander. Elle voulait simplement y lire un livre. Une employée de l'établissement lui rappelle que les tables ne constituent pas une zone d'attente sans consommation. Vexée par cette remarque, la cliente sort son téléphone, photographie la vitrine ainsi que la vendeuse, puis quitte les lieux.

Trois avis négatifs et une photo floutée

De retour chez elle, la Thurgovienne publie trois avis négatifs sur Google, attribuant à la boulangerie la note d'une étoile sur cinq. Elle y qualifie le service d'extrêmement mauvais et affirme avoir été harcelée puis mise à la porte par le personnel. Elle joint également la photo de la vendeuse, en prenant soin de masquer ses yeux avec un bandeau noir.

Cette précaution n'a pas suffi. La salariée s'est reconnue sur le cliché et a déposé plainte. Le Ministère public du canton de Saint-Gall lui a donné raison. Dans son ordonnance pénale, l'institution retient que la cliente voulait uniquement exprimer son mécontentement après avoir été rappelée à l'ordre par l'employée de la boulangerie. Le texte parle d'un véritable pilori photographique pour qualifier ce règlement de comptes en ligne.

La jeune femme a été reconnue coupable de diffamation et d'atteinte à la vie privée, cette dernière infraction tenant à la photo prise sans autorisation. Elle a été condamnée à 30 jours avec sursis de trois ans, ainsi qu'à 800 francs de frais de procédure.

L'affaire, révélée par le journal local Tagblatt et relayée par le média en ligne 20 Minutes, précise aussi que la Thurgovienne avait déjà été condamnée pour vol dans le passé.

Selon une étude de la plateforme Custplace publiée en septembre 2025, près de 9 consommateurs sur 10 consultent des avis clients avant de passer à l'achat. Pour les commerçants, ces avis peuvent avoir un impact direct sur leur activité. Ces retours reposent en grande partie sur les seules déclarations des utilisateurs, et certains clients les utiliseraient comme un moyen de pression ou de vengeance.